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Les petites communes peuvent aussi être « Smart »
« La Smart City, ce n’est pas que pour les grandes villes », s'indigne Jérémy Kieffer, membre de l'association La Ville Intelligente Citoyenne (LVIC), dans une tribune, « tout comme la transition écologique n’a pas vraiment de sens si on n’y associe pas les usagers, c'est-à-dire les citoyens qui habitent sur un même territoire ». C’est même l'une des clés de la réussite ...

Le déploiement de la fibre dans les petites communes, qu’elles soient en zone RIP (Réseaux d'Initiative Publique) ou AMII (Appel à Manifestation d’Intention d’Investissement ), s’intensifie et passe la vitesse supérieure en 2018. Mais quid de l’avancement de la smart city sur ces petites communes ? Pas grand-chose à se mettre sous la dent et pourtant 80% de ces communes identifient le numérique comme une priorité.

La notion de ville intelligente, ingénieuse, créative, en un mot « smart », se développe fortement dans les zones à forte densité. Un exemple avec l’Ecoquartier du Fort d'Issy à Issy-Les-Moulineaux, la mise en place d’une gestion de l’espace publique à Dijon ou encore Lyon qui tient son rôle de première ville intelligente en France avec plus de 50 000 postes dans le numérique.

Pour quelles raisons les petites collectivités ne prennent-elles pas le train de la Smart City déjà bien lancé ? La raison me semble simple : les petites communes craignent que les systèmes numériques et intelligents s’accordent mal à leur système actuel. La méfiance envers les changements et une interrogation sur le retour sur investissement sont les problématiques évoquées par les maires (peur d’un manque de compétences, manque d’industriels solides pour l’usage du numérique).

L’association LVIC a étudié les rendements que peut apporter la Smart City sur une petite ville qui a décidé de faire confiance au numérique pour sa gestion de l’énergie. Je vous propose une balade au cœur de la Bretagne, dans la petite commune de Saint-Sulpice-la-Forêt ( Ille-et-Vilaine). Du haut de ses 1 500 habitants, cette petite bourgade a été consacrée premier Smart Village à la fin de l’année 2016.

La question de la gestion de l’énergie de manière intelligente s’est posée en début 2015 quand les élus se sont rendus compte qu’en presque 10 ans, les consommations électriques avaient augmentées de + 9%. La commune a alors décidé de faire confiance à trois jeunes startups innovantes dans le but de résoudre cette problématique de surconsommation électrique. Le test a été réalisé sur des bâtiments communaux (salle polyvalente, centre socioculturel, mairie, ateliers, école et salle de sport) par le biais d’installations pourvues de deux antennes radio et 27 capteurs de consommation d’eau, de gaz, d’électricité, de température et d’humidité.

Les résultats sont très satisfaisants, la réduction de la dépense énergétique est estimée à 20 % d’ici à 2020. Après un an d’expérimentation, 15% d’économies d’énergie ont d’ores et déjà été réalisées grâce, essentiellement, au réglage du chauffage. C’est grâce à ces résultats que Saint-Sulpice-La-Forêt dans a obtenu une récompense dans la catégorie Smart city environnement du Forum des interconnectés à Lyon en décembre dernier.

La Smart City semble bel et bien avoir un avenir dans les petites collectivités et nous souhaitons pour clore ce sujet, citer Michel Lussault, directeur de l’Ecole urbaine de Lyon, et Nadine Cattan, chercheuse au CNRS, qui affirment « que les villes de moindre taille peuvent avoir un avenir si elles développent des projets propres (notamment écologiques) et savent engager de nouveaux types de relations avec les métropoles ».

Rédigé par Jérémy KIEFFER le Mercredi 21 Février 2018.

 

Page mise à jour le 02/03/2018 par ANTHONY PAOLINI